Le Docker arrive

C'était ma deuxième semaine et je sentais arriver le 15 janvier. Les leçons de conduite étaient presque sans utilité. Personne ne m'expliquait quoi que ce soit sur la façon de conduire la KTM. Je progressais beaucoup trop lentement,
Avec Brahim (qui travaille pour nous à Bab El Atlas), j'ai visité deux magasins de moto en ville. J'ai trouvé une Docker Apollo à vendre neuf. Je l'ai acheté pour 1200 € et on m'a informé qu'elle serait prête le lendemain. On a passé le reste de la journée à faire une assurance pour la Docker, et les divers papiers nécessaires.
Le soir, j'ai découvert la vaste sélection de vidéos "comment faire" sur YouTube. C'était une révélation.
J'ai passé toute la soirée à regarder les vidéos et à apprendre comment on fait patiner l'embrayage afin de mieux maîtriser la moto dans les manœuvres à basse vitesse. J'ai compris subitement, ce que voulait dire le moniteur en une mélande d'arabe et de tasheheit, accompagnée de gestes de fermer et ouvrir sa main. J'avais pensé qu'il avait mal.
Le lendemain, nous sommes allés chercher la Docker. Le moteur était en pièces sur le sol de l'atelier. L'atelier était dans la rue devant le magasin de motos. C'était revêtu d'une couche d'huile et de poussière . Ça me rappelait l'atelier de motos de mon père en Angleterre des années 60.
Le mécanicien, Rachid, avait le moteur en pièces, culasse et bloc-cylindre par terre, et venait de monter un autre piston. J'étais un peu déçu que ma nouvelle moto soit en panne avant même que je la touche, mais Brahim et Rachid m'ont expliqué qu'on m'avait vendu une moto de 49 cc afin de pouvoir conduire légalement avec un permis de voiture, mais, vu que 49 cc n'était pas très puissant, ils convertissaient systématiquement les moteurs en 110 cc! Ça bougera plus vite et le prix est inchangé. Je suis allé acheter un casque et des gants.
J'ai quitté le magasin sur la Docker, entre des démarches brusques, le calage du moteur et même un wheeling intempestif, en plus à la descente.
Le lendemain, jour de congé de Brahim, et sans clients, j'ai remonté la vallée sur la Docker, lentement et erratiquement, jusqu'à un village avec un terrain de foot. C'était un bout de désert (de pierres, pas de sable) nivelé, et avec une basse muraille faite avec les pierres qu'on a enlevées du terrain. Brahim m'a assuré que les gens du village utilisaient un autre terrain, plus proche.
I made a line of fist-sized rocks, spaced at 2 metres, the same as the driving school cones were. I spent several hours learning to slalom with the bike. I couldn't feather the clutch, it was either in or out, but I experimented with the gears and found that the best set-up was 3rd gear and absolutely no throttle. Second gear was for starting off uphill. First gear was useless. 4th was a lofty dream so far.
Practicing with the Docker, I managed to vastly improve on the KTM. I practiced feathering the clutch and using the rear brake. After a few days, I went out on the road and used all the gears, riding at 60 km/h and avoiding the town as much as possible.
Rouler en ville était terrifiant!
Il faut l'essayer pour comprendre à quelle point c'est la folie: des gens qui doublent les deux côtés. Ils sont capables de rouler à gauche, de tourner sans clignotants, de rouler à 15 km/h parce qu'ils discutent avec leur passager. Ils ignorent les panneaux de stop et ceder le passage, priorités, et même sens de circulation des rond-points! Ajouter à cela des piétons qui traversent la route sans même regarder, des vélos qui te coupent la route, chiens errants, chats, gens déments,gens de la montagne qui viennent pour le souk, qui connaissent peu les règles de la route, et d'ailleurs, s'en fichent.
Les autres usagers de la route au Maroc continuent à me faire peur, mais de nos jours je les considère un peu comme des troupeaux de chèvres; autant imprévisibles et encore moins disciplinés.