Ma première leçon à l'école de conduite:
Au début, je pensais que ça allait être extrêmement facile de passer mon permis au Maroc.
D'une part, j'avais l'impression que chaque Marocain allait partout à moto; les vieux, les gamins de 15 ans, des familles entières, des familles entières avec un mouton attaché: si eux ils pouvaient faire, ben moi aussi.
Alors, je me suis inscrit à l'auto-école au centre. Il est obligatoire de faire un minimum d'un mois avant de tenter l'examen pour le permis.
Ma première session à l'école était une heure de consternation : je ne parlais ni le darija, l'arabe marocain, ni le tachelhit, la langue amazighe. Ce qui a suivi, c'était des gens qui couraient dans tous les sens, des têtes qui guignotaient pour voir l'Iroumin (moi), ponctuées de maints "Insh'Allah".
Finalement, ils ont trouvé un vieux ordinateur, et, après avoir essayé plusieurs souris, se sont contentés d'une qui fonctionnait, le plus souvent, quand ça ne courait pas sur l'écran occupé à ses propres affaires.
Les gens m'ont montré l'application qui est sur Internet, montrant fièrement que je pouvais tout faire en français. Je me suis installé seul, dans une chambre glaciale et j'ai étudié le code de la route du Maroc. Après 15 minutes, le froid m'a empêché de tenir la souris correctement, alors je suis retourné à la réception et j'ai expliqué mon problème dans un mélange de berbère, de français et de langue des signes, ceci avec des doigts bleus.
Un petit chauffage à gaz a été déniché, allumé et posé près de ma jambe droite. J'ai recommencé à travailler.
La sensation était bizarre, d'avoir un côté congelé, l'autre en train de se faire griller lentement par le chauffage. Je commençais à me sentir détendu avec le chaleur, même é avoir sommeil, proche de m'endormir même. Je me suis fait réveiller par des pas, beaucoup de paroles en Tachelhit et une grande bouffée d'air oxygénée s'engouffrant par la fenêtre qu'on venait de penser à ouvrir.
Je suis rentré à la maison.